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L’hommage aux rêveurs de Hadjithomas et Joreige (29/02/2012)

'How Soon is Now : A Tribute to Dreamers' est la première exposition individuelle du duo Joana Hadjithomas et Khalil Joreige à Beyrouth. Les deux artistes répondent à nos questions et nous donnent plus de détails sur cette exposition, programmée du 28 février au 20 avril au Beirut Exhibition Center.

Parlez-nous de votre exposition.
‘How Soon is Now : A Tribute to Dreamers' montre des photographies, des installations et des vidéos produites de 1997 à 2012 qui forment une sorte de chronique du présent, mais aussi une recherche autour des traces historiques et du rôle de l'imagination et des rêves dans l'émergence possible d'un récit partagé. Le titre de l'exposition célèbre les chercheurs, les rêveurs à un moment où cela est très important de mettre en avant la possibilité de se projeter dans le futur.

Pourquoi avoir tant tardé à avoir une exposition au Liban ?
Nous avons toujours exposé à Beyrouth nos œuvres au fur et à mesure de leur production. Nous travaillons avec Christine Tohmé et Ashkal Alwan. Nous avons souvent montré une œuvre, puis une autre, ou un film. Mais nous n'avons jamais tenu une exposition de cette envergure et de cette taille qui fait dialoguer un nombre important de nos travaux artistiques et qui, de ce fait, montre aussi une démarche. Nous ne faisons pas une "rétrospective", mais l'exposition montre nos différentes recherches dans le présent et aussi tout le projet artistique autour de la Rocket Society et c'est très important pour nous qu'il soit montré d'abord à Beyrouth où il est né.

Justement cette ‘Lebanese Rocket Society' et sa première fusée régionale, de quoi s'agit-il ?
La Lebanese Rocket Society est un projet né à l'Université Haigazian par un groupe d'étudiants arméniens à l'initiative de leur professeur de mathématique, Manoug Manougian. Entre 1960 et 1967, ils ont conçu, fabriqué puis propulsé dans le ciel libanais, une dizaine de fusées de plus en plus grandes et performantes dont la première fusée de la région. La ‘Cedar 4' par exemple avait une portée de 600 km et une montée dans la stratosphère à plus de 200 km. Cette aventure singulière est pourtant aujourd'hui totalement oubliée. Ces fusées étaient destinées à participer à la recherche spatiale et à l'avancée de la science. Par la suite, l'Etat et l'armée se sont impliqués de plus en plus. Mais vers 1967, une telle initiative s'est arrêtée. Notre projet ‘Lebanese Rocket Society' consiste en un film qui sortira sur les écrans à l'automne 2012 et en un ensemble d'oeuvres artistiques qui tentent à travers une recherche de documents et d'archives, d'interroger l'histoire, les aspirations à la modernité, la représentation et les rêves de notre époque contemporaine.

A votre avis, pourquoi certains événements historiques tendent-ils à être oubliés ?
C'est bien cela qu'interroge le projet et l'exposition. Quelle est la mémoire de l'histoire ? Qu'est-ce qui fait que certaines images, certains récits, impriment l'imaginaire collectif et pas d'autres ? Comment écrire une histoire partagée ?

Pourquoi poétisez-vous la réalité à travers vos photographies ?
Cela dépend des images. Nous interrogeons le réel pour tenter de déplacer le regard, de rendre complexe ce regard qu'on pose sur les images et de réfléchir à la façon dont on produit des images aujourd'hui. Il s'agit aussi de retrouver une poésie et une émotion.

Qu'est-ce qui vous stimule le plus dans votre travail ?
La recherche et la rencontre. Ce que nous produisons est toujours très lié à notre vie personnelle, à ce qui arrive autour de nous surtout au niveau politique. Mais aussi à une recherche autour du medium qu'on utilise pour représenter que ce soit le cinéma ou la photographie. Nous sommes très enclin à suivre un événement, une trace, quelque chose qui nous interpelle comme cette histoire de fusées. Nous avons besoin de rêver.

Vos projets ?
D'abord cette exposition ! Et puis le film ‘Lebanese Rocket Society, the Strange Tale of the Lebanese Space Race' que nous sommes en train de terminer et qui devrait être projeté vers l'automne si tout va bien ! Nous sommes également parmi les lauréats du Abraaj Capital Art Prize 2012. Nous allons donc présenter un nouveau travail le mois prochain à Dubaï intitulé ‘A letter can always reach its destination'.

Grace Barmaki // Agenda Culturel