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Ghassan Salhab, de Beyrouth à ’La Montagne’ (07/11/2011)

Le nouveau film du réalisateur libanais Ghassan Salhab sera projeté au Metropolis à partir du 3 novembre. Fadi, interprété par l'acteur Fadi Abi Samra, va à la montagne au Nord du pays et, au lieu de voyager, s'isole dans un hôtel pendant un mois. Ghassan Salhab répond à nos questions.

Quel est le chemin parcouru depuis 'Beyrouth fantôme' jusqu'aujourd'hui ?
Le chemin d'un devenir cinéaste, d'un film à l'autre, d'un projet à l'autre. Et c'est un chemin qui, tout en creusant encore et encore son sillon, tente de se remettre en cause. 'La Montagne' est certes mon cinquième long métrage, il n'empêche, rien n'est acquis. Et c'est tant mieux. Comme dit le Tao, ''le but importe peu, seul le chemin compte''.

Quelle est la particularité de votre film ?
Comment répondre à une telle question ? A tort ou à raison, tout cinéaste vous dira que chaque film qu'il fait est particulier... Disons qu'avec ce film j'ai essayé de saisir un homme dans l'instant, dans la situation, comme si je venais de le découvrir. Il était important que le spectateur, à l'instar du film dans son déroulement, n'ait nulle avance sur le personnage, qu'il avance à la vitesse du personnage. Il ne s'agissait pas d'élucider ce que fait cet homme, mais de l'accompagner dans la particularité de ce ''voyage''. ''Journey'', disent les Anglais. Mais bon, un film, ce n'est pas seulement ce qui est projeté sur écran, mais ce qui se passe entre ce qui est à l'écran et le spectateur.

Comment s'est fait le choix de l'acteur Fadi Abi Samra ?
Sans lui, le film n'aurait tout simplement pas existé. Je connais Fadi depuis un temps, j'avais déjà travaillé avec lui ('Le dernier homme') ; pour 'La Montagne', j'ai aussitôt pensé à lui. Une évidence. Dès la première rencontre pour parler du film, je voyais dans son regard, ses gestes, qu'il pouvait être cet homme qui va s'enfermer dans une chambre d'hôtel. J'ai aussitôt senti qu'il donnerait corps, dans tous les sens du terme, au film. Fadi Abi Samra fait partie de ces acteurs chez qui on peut ''voir'', sentir toute l'étrange complexité d'un être humain. Il est à la fois miroir et puits sans fond, dans lequel on peut donc se perdre.

Que retenez-vous des critiques faites à votre film à l'étranger ?
'La Montagne' n'a pas été encore à ce point vu à l'étranger, sinon dans quelques festivals. Je ne sais de quelle critique au juste vous parlez, celle d'un spectateur ou celle d'un dit critique de cinéma ; quoi qu'il en soit, je ne retiens essentiellement que les critiques (qu'elles soient négatives ou positives) qui m'apportent une lumière particulière ou inattendue. Mais bon, il faut toujours un certain recul pour lire les critiques, il faudrait même ne les lire qu'après un bon bout de temps, à froid, quand on commence à avoir une certaine distance par rapport à son propre travail. À considérer bien entendu que le critique fasse un travail de critique précisément, que j'approuve ce qu'il dise ou pas.

Votre prochain projet ?
Je suis actuellement en pleine phase d'écriture. Tout ce que je peux dire est qu'après avoir réalisé pas mal de films essentiellement à Beyrouth, j'ai commencé à ne plus pouvoir voir à Beyrouth, mais à subir. Avec 'La Montagne', j'ai voulu entre autres en sortir, et c'est durant la préparation du film que m'est venu le désir de réaliser deux autres films hors de Beyrouth. Trois films qui ne forment pas pour autant une trilogie, qui ne sont pas liés, sinon par la nécessité d'investir d'autres espaces, territoires. Je suis donc en train d'écrire le deuxième, qui s'intitule 'La Vallée' (oui, délibérément, des titres aussi simples que cela), et qui se déroule essentiellement quelque part dans la Bekaa. Il y aura quatre des acteurs avec lesquels j'ai déjà travaillé plus d'une fois.

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