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L’incontournable Balle Perdue de Georges Hachem (02/11/2011)

Balle perdue de Georges Hachem est le premier film entièrement réalisé et produit au Liban. Complexe, tragique, porté par la magnifique Nadine Labaki, ce film est un puissant miroir de la société libanaise pris en toile de fond avec la guerre civile. Le premier film de Georges Hachem est une petite merveille exquise.

Fin de l’été 1976, banlieue nord de Beyrouth, Noha est sur le point de se marier. Les siens sont soulagés de la voir saisir sa dernière chance avant de dépasser l’âge limite et de coiffer le bonnet de vieille fille que porte déjà tristement sa sœur aînée. Tout semble aller. Mais pourtant, alors que le matin même le prêtre bénissait les futurs époux, Noha lorsque son frère aîné organise un dîner en son honneur, change d’avis. Elle ne veut plus se marier.

L’une des grandes beautés de Balle perdue réside dans ses multiples couches qu’il faut effeuiller progressivement. Balle perdue filme la marche inévitable d’un destin tragique. Il s’attache à ces petits riens, fruits des hasards qui pourtant plus que des Balles perdues, rythment le pas de Noha. La caméra transmet l’étrange atmosphère de cette longue journée d’été. Elle capte cette kyrielle de sentiments et de sensations à travers des contre-plongées, les plans d’ensemble de ces familles désunies, les plans rapprochés et les silences. Le rendu flou de l’image, l’éclairage sont aussi extrêmement soignés et ne laissent rien au hasard pour restituer l’atmosphère de cette époque troublée. La violence des sentiments et des actes restent bien souvent dans ce film du domaine du présage, mais quand la Balle frappe, elle ne loupe pas sa cible. Et cela enclenche alors un puissant processus digne des plus grandes tragédies classiques, révélateur des souffrances et des révoltes du Liban en mettant à nu les stigmates et les fragilités de l’être humain dans ses sentiments les plus violents et imprévisibles.

Coline CRANCE // Toute La Culture